Echanges et contacts

 


Compte rendu du rendez-vous avec :




 Dr MASCARO Jean-Marc
                Anesthésiste-Réanimateur
            Possède également un diplôme universitaire d’hypnose médicale

 

Nous sommes allées voir ce professionnel de santé à l’hôpital de Crest au service de chirurgie réanimation. Nous avions préparé des questions et en discutant avec lui nous avons pu avoir des réponses. Il nous a permis d’éclaircir certains points concernant l’anesthésie et l’hypnose et nous a raconté de nombreuses anecdotes. Nous sommes restées avec lui pendant environ 1h30. Ce fut un échange très enrichissant !

 

                PARTIE ANESTHESIE

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Rôle/ choix agents anesthésiants :
Il nous a dit que les agents anesthésiants empêchaient la jonction des neurones (zone de la synapse) ce qui provoque le sommeil artificiel, et que le système nerveux était bloqué grâce à des injections de gaz.

Le choix de l’anesthésiant dépend de l’âge du patient (enfant= par inhalation et adulte= intraveineuse) et de sa résistance (vieilles personnes= plus de risques donc il faut incorporer les agents anesthésiants plus lentement en moins grande quantité).

 

Effets anesthésie sur le corps
Ce que l’anesthésie modifie :
- la pression artérielle baisse (vaisseaux plus grands)
- sommeil du bulbe rachidien à apnéeà obligation d’injecté de l’air avec une sonde d’inhalation.


Effets secondaires :
- risques allergiques graves (latex, antibiotiques, curares) rarement mais existent quand même
- arrêts cardiaques.



                PARTIE HYPNOSE


Expérience :        
Il a déjà pratiqué l’anesthésie sous hypnose dans un hôpital privé près de Grenoble. Il aime beaucoup cette méthode et pense que c’est une bonne alternative.


Principe hypnose :           
Il nous a dit que l’hypnose était faite pour dissocier le corps et l’esprit, et qu’il existait 2 façons de l’appliquer : de manière informelle (faire parler la personne de ses passions, durant une conversation normale) et formelle (= séance d’hypnose). L’hypnose permet de retrouver des ressources.


Choix du vocabulaire durant une intervention :             
Il nous a dit qu’il fallait
bien choisir son vocabulaire et ce que l’on dit au patient pour qu’il soit à l’aise, exemple :      
                                               -  « n’ayez pas peur »
à NON car le patient ne retiendra que le mot “peur“ et pensera qu’il peut avoir une raison d’être anxieux 
                                               -  « je vais m’occuper de vous et de votre confort » à OUI car le patient se sent rassuré, il retiendra le mot “confort “.
Il est important d’utiliser un vocabulaire positif et non négatif.


Hypnose agit sur le cerveau :
   
L’hypnose fonctionne sur le
cerveau droit (cortex cingulaire antérieur).



Avantages
Pour la personne hypnotisée :
- c’est une proposition et non une
obligation
- un apaisement certain
- Respect de la personne
- laisse s’exprimer l’inconscient du patient

Ce que ses patients ont ressenti : 100% apaisés, et souvent très satisfaits.

L’hypno sédation apporte également à l’hypnotiseur: il est davantage optimiste.



Autres pratiques qu’en anesthésie :
Pratiqué pour la chirurgie plastique : anesthésie locale+ hypnose
Fécondation in vitro
Prélèvement ovocytes : hypnose= pas de douleurs juste des picotements.

(Hypnose de spectacle : mauvaise image !!!)


Anecdotes :
Ce que lui a apporté l’hypnose

Lors d’un examen, où un questionnaire s’offrait à Mr. Mascaro, on lui avait demandé si il était satisfait dans sa vie il avait répondu non.  Aujourd’hui, avec du recule et après avoir fait une formation à l’hypnose, si la question se posait de nouveau à lui, il répondrait que oui, il est complètement satisfait. L’hypnose a permis d’enrichir sa vie et d’avoir une approche plus positive des choses.

1ere expérience suite a sa formation à l’hypnose
La première fois qu’il a pratiqué l’hypnose, ce fut sur une patiente de 42 ans ayant un cancer des ovaires métastasé, souffrant beaucoup, ne sortant plus et ne mangeant plus, se plaignant beaucoup de douleurs abominables et ne dormant plus. Une infirmière, sachant qu’il avait fait une formation sur l’hypnose, lui avait demandé si il voulait bien passer voir sa patiente afin d’essayer de l’apaiser car le personnel et les médecins ne savaient plus quoi faire, et la patiente ne tenait plus, rien n’agissait pour le moment afin de l’apaiser (bien qu’il lui ai fait une péridurale et lui ai donné de la morphine) Il avait donc accepté, et était allé la voir…
Il lui avait donc demandé :
                -  de visualiser la douleur et de s’imaginer la forme sa forme (barbelé, boule de feu ?)
                                Cela n’avait pas entrainé de réaction de la part de la patiente, ni d’apaisement

                -  si elle avait un jardin ? elle avait répondu que oui, et il avait pu voir qu’elle se détendait un peu, il avait donc continué son questionnement en lui demandant si elle avait des fleurs ? elle avait répondu oui. Ses fleurs préférées étaient-elles des roses ? oui.  Il lui avait ensuite suggéré de respirer ces roses. Elle ressemblait alors à une statue, presque totalement endormie. Il lui dit de sentir les roses une par une = elle ne gémissait plus de douleur)

                -  il lui suggère alors la disparition de la douleur.  Et la patiente s’était endormie d’un coup ! Il l’accompagne  alors dans son sommeil, en lui disant qu’elle dorme bien, que lorsqu’elle se réveillera elle se sentira mieux

                -  Il repasse la voir le lendemain, il demande a la patiente comment ça va, elle était calme, et lui dit qu’elle avait bien dormie. Il n’évoque pas ses douleurs, et elle ne lui en parle pas non plus. Il reparle encore 2 minutes et la patiente est de nouveau en transe, sans doute du au son de la voix de Mr MASCARO.

                -  Quelques jours plus tard, on transmit le message à Mr MASCARO,  que la patiente s’était remise à manger, qu’elle rentrerait chez elle le week-end qui arrivait alors que ca faisait plusieurs semaines qu’elle ne se portait pas bien du tout.

C’était le première fois qu’il “expérimenté “  l’hypnose sur une patiente, ce fut assez incroyable !



 


Mail de :




        Marie-Pierre BRILLARD,

Tante de Johanna : gastroentérologue (= c’est un médecin spécialiste des maladies de l’appareil digestif, il exerce en cabinet privé, clinique ou hôpital) et travaillant également avec l’hypnose   

 

 Je suis gastroentérologue, je soigne donc des douleurs chroniques d’origine « fonctionnelle » c’est-à-dire en partie liées au vécu et je fais des examens désagréables voire douloureux qui nécessitent une anesthésie… ou l’hypnose.

J’ai beaucoup discuté avec des collègues qui pratiquaient avec des anesthésistes hypnothérapeutes, tout le monde avait l’air satisfait.

J’ai suivi une formation à l’institut d’hypnose de Rennes de 20 jours délivrant une aptitude en « hypnose et douleur aigue ou chronique » uniquement.

Ce qui m’intéressait surtout était de traiter les douleurs chroniques en trouvant LA CAUSE si possible ou au moins en utilisant les ressources du patient plutôt que des médicaments au long cours.

Dans un contexte d’anesthésie par hypnose ce qui est intéressant c’est que le patient est fier de lui après l’opération et en général a réglé plusieurs problèmes par la même occasion dans son sub-conscient, donc il sort souvent mieux qu’à l’entrée.

Dans mon exercice je ne pratique pas avec des anesthésistes hypnothérapeutes, donc je ne peux m’en servir qu’au cabinet.

Certains patients viennent adressés par un confrère pour hypnose : ils sont d’emblée volontaires, parfois le simple fait de parler lors de la première séance suffit à résoudre leur problème.

Pour d’autres je vais proposer l’hypnose ou plus perfidement « une autre approche de leur problème »

Quelle est leur réaction ? La plupart sont partants car « on en parle de + en + dans la presse », les plus sceptiques sont souvent les plus réceptifs, d’autres refusent.

Le déroulement du traitement :

-1ère séance : définir le but du traitement, repérer les traumatismes possibles, repérer les leviers de changement, faire raconter un souvenir agréable puis faire une séance brève de relaxation

-2ème séance : voyage dans un souvenir heureux.

-3ème séance : si besoin, sous hypnose raconter une conte intégrant le problème et sa solution.

Etc, il y a plein de trucs.

Les contre-indications sont les limites du thérapeute : si on ne se sent pas capable d’accompagner le patient jusqu’au bout car il va déballer un problème qui nous dépasse alors il ne faut rien démarrer.

Quand on fait de l’hypnose on utilise un langage qui est positif, les questions sont orientées de sorte que souvent au cours du banal interrogatoire médical le patient « déballe » tout son passé, c’est ce qu’on appelle l’hypnose conversationnelle. Par exemple on ne dit pas à un patient sur la table d’opération : « avez-vous froid ? » mais « avez-vous assez chaud ? » et son ressenti sera différent. Si vous dites à un patient stressé aux urgences « n’ayez pas peur, ça ne fait pas mal, il ne faut pas s’inquiéter » il ne retiendra que : peur, mal, inquiétude. Car en situation de stress on est comme les enfants on ne comprend pas la négation.

C’est tout pour ce soir mais je peux m’étendre à la demande et vous envoyer de la doc.

Pour info les médecins autres que psychiatres ne sont pas couverts par leur asssurance pour autre chose que l’hypnose en aide au sevrage en alcool ou tabac, c’est ignoble !

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